LA FABRIQUE DES IMAGES

HARUN FAROCKI, HITO STEYERL

28 FÉVRIER AU 11 MAI 2013

La Fabrique des images, artists Harun Farocki, Hito Steyerl, Nuit Blanche à Montréal

Vernissage

Jeudi 28 février, de 17 h - à 19 h

ÉVÉNEMENTS

Nuit Blanche à Montréal

Samedi 2 mars, de 20 h à 1 h

November, Hito Steyerl (2004)

INFORMATION

La Fabrique des images est la deuxième exposition du projet de recherche à long terme initié par SBC sur la question de la souveraineté. Du 28 février au 27 avril, deux films seront présentés par la galerie : En sursis (2007), de Harun Farocki, et November (2004), de Hito Steyerl.



Dans l’œuvre En sursis, Harun Farocki travaille avec des images filmées en 1944 à Westerbork, un ancien camps de réfugiés situé en Hollande, transformé en camps de transition par les Nazis suite à l’invasion du pays en 1942. Commandé par le responsable du camps, le film original devait mettre en évidence l’efficacité qui y régnait – une sorte de film d’entreprise visant à faire la promotion du camps en tant que modèle de productivité du travail. Farocki cependant juxtapose des séquences d’archive montrant de paisibles scènes de détenus au travail et au repos à Westerbork avec des descriptions d’images historiques connues montrant les camps de la mort.



L’essai vidéo November de Hito Steyerl est pour sa part construit autour d’images dépeignant la vie de sa meilleure amie, Andrea Wolf. Steyerl y juxtapose des séquences issues d’un film de kung fu féministe qu’elle a tourné en super 8 dans les années 1980, où Wolf et elle-même jouent les rôles de combattantes d’arts martiaux, avec des images de son amie quelque vingt ans plus tard, alors qu’elle est une révolutionnaire kurde, tuée par les forces armées turques et représentée publiquement comme une martyre ou comme une terroriste. Dans la vie de Wolf, ainsi que dans la représentation qu’en donne Steyerl, les actions et les formes de résistance individuelles ou locales côtoient des relations de pouvoir territoriales complexes dont l’échelle est globale.



Les deux films ouvrent la porte à une interrogation des mécanismes de domination et de contrôle ainsi qu’à un questionnement du rôle stratégique joué par les images dans la construction de l’histoire, des sujets politiques et de leur représentation. L’emploi de séquences de films et d’images photographiques d’archives permet aux artistes d’explorer les stratégies utilisées dans la construction des images, et d’aborder les questions complexes qui sont soulevées lorsqu’on tente de leur attribuer une fonction de représentation.



Bien que les deux artistes travaillent dans le domaine du film documentaire, Farocki et Steyerl rejettent fermement la prétention à l’objectivité de cette pratique.

« Novembre correspond à la période qui suit octobre, un moment où la révolution semble terminée, et où les combats périphériques sont devenus particuliers, locaux et presqu’impossibles à communiquer. En Novembre, les héros du passé deviennent fous et sont tués quelque part sur le bord d’une route sale lors d’exécutions hors la loi, et l’information à propos de ces événements est tellement teintée de propagande prévisible que personne ne prend la peine d’y regarder de plus près. »



Hito Steyerl, November



SBC galerie d’art contemporain souhaite remercier le Conseil des arts du Canada, le ministère de la Culture et des Communications, le Conseil des arts de Montréal et la Andy Warhol Foundation for the Visual Arts.