ANDREA GEYER
l'artiste Andrea Geyer, vidéo Insistence, STAGE SET STAGE

Andrea Geyer, Insistence, 2013, HD vidéo, couleur, son stéréo, 15:21 min, avec la permission de l’artiste et de la galerie Thomas Zander.

l'artiste Andrea Geyer, vidéo Three Chants Modern, STAGE SET STAGE

Andrea Geyer, Three Chants Modern (Lily, niv, and Agnes), 2013, épreuve numérique à développement chromogène, 106.7 x 76.2 cm, avec la permission de l’artiste.

SAMEDI, le 18 janvier, 15 h – 19 h

Conversation et démonstration avec Sharon Hayes et un projection de la vidéo de Andrea Geyer, Three Chants Modern, 2013, 25 min, suivie d’une conférence par l’artiste.

 

 

 

 

Andrea Geyer et Sharon Hayes, Space Set / Set Space, 2013, construction en contre-plaqué, avec la permission des artistes.
 

Au cœur de STAGE SET STAGE se trouve la structure amovible Space Set / Set Space (2013), une œuvre in situ réalisée en collaboration par Andrea Geyer et Sharon Hayes, qui répond aux œuvres présentées et à la station de recherche en leur créant un cadre architectural. La station de recherche comprendra son propre site Internet, une sélection de textes et diverses sources documentaires en plus de donner accès à des conférences d’artistes, des écrits et des sites Internet créés par Andrea Fraser, Walid Raad, Rebecca Belmore, Terre Thaemlitz, ainsi que tous les autres participants à l’ensemble du projet. Il s’agit d’un espace dans un espace, qui offre aux participants une plateforme à partir de laquelle s’exprimer et performer les idées et les enjeux liés à l’identité et aux effets de l’institutionnalisme, tout en permettant au visiteur de prendre part ou de simplement rester un observateur.

Plus d'informations à venir.

 

 

Andrea Geyer, Insistence, 2013, vidéo HD, couleur, son stéréo, 15:21 min, avec la permission de l’artiste et de la Galerie Thomas Zander.

 

Dans sa conférence « Portraits and Repetition », Gertrude Stein parle de la difficulté de tout type de portrait qui tente de représenter quelque chose/quelqu’un de vivant sans contenir ou limiter la vitalité de cet être, et sans restreindre sa capacité infinie d’agir. Sa peur qu’un portrait puisse devenir prescriptif quant à la personne vivante, la détachant de sa réalité vécue, était fondamental pour son activisme féministe subtil mais persistent. À travers un texte écrit, elle s’interroge simplement sur comment faire un portrait en tenant compte de la nature réductrice de l’écrit historique, de son désir de catégoriser, nommer et, en conséquence, de posséder la biographie d’individus (morts ou vivants) : en écoutant, j’ai commencé à comprendre cette différence entre la répétition et l’insistance, ce qui est une chose très importante. Tu écoutes comme tu sais le faire … Il n’y a aucune différence tant que quelqu’un écoute pendant que d’autres parlent. Si la même personne parle et écoute, c’est tant mieux, elle est juste d'autant plus concentrée. Il est nécessaire, pour être vraiment et réellement vivant, il est nécessaire d’être à la fois en train de parler et d’écouter, de faire ces deux choses non pas comme si elles étaient une seule chose, non pas comme si elles en étaient deux, mais en les faisant à la manière d’un moteur qui fonctionne dans une voiture en mouvement, comme deux éléments qui font partie de la même chose… C’est ainsi qu’on atteint à l’insistance, l’insistance qui, dans son accentuation, ne peut jamais être redoublée, parce que l’insistance est toujours vivante et que, si elle est toujours vivante, elle ne peut donc jamais rien dire de la même manière parce que l’accentuation ne peut jamais être la même, même lorsqu’elle est la plus semblable, c’est-à-dire lorsqu’elle a été apprise… Se souvenir correspond à une répétition, n’importe qui peut le faire… ce qu’une personne répète est la scène dans laquelle elle joue, les jours dans lesquels une personne vit, le va-et-vient qu’une personne fait, tout ce dont une personne se souvient est une répétition, mais exister en tant qu’être humain qui entend et se fait écouter ne correspond jamais à une répétition. Ce n’est pas de la répétition s’il s’agit de ce que vous êtes en train de faire, parce que naturellement l’accentuation est différente chaque fois, à la manière du cinéma qui contient toujours un élément  légèrement différent pour que l’ensemble soit émouvant. Et chacun de nous doit agir ainsi, sinon il n’y a pas d’existence.

 

Alors que je travaillais sur un projet plus large portant sur les trois femmes qui ont fondé le Musée d’art moderne de New York (Lillie P. Bliss, Mary Q. Sullivan et Abby A. Rockefeller), les questions et la réflexion de Stein sont devenues importantes pour moi. En fouillant cette histoire, j’ai été frappée par le peu de mentions et surtout par l’absence de reconnaissance du travail et des contributions importantes faites par des femmes pour le développement du projet moderniste à New York, pendant les années 1920 et 1930. Des femmes étaient souvent nommées - par exemple, la plupart des musées d’art de New York sont fondés par des femmes et ceci est reconnu ouvertement - mais leurs actions et leur travail ne sont d’aucune manière célébrés ou envisagés comme une partie importante du Modernisme. Insistence est le résultat d’une tentative pour comprendre ce type de représentation de l’histoire, tout en tenant compte dans mon processus de travail des avertissements de Stein concernant les lacunes de la répétition. Le fait de relier les histoires de ces femmes à des réflexions sur la nature même de leur existence alors que s’empilent interminablement des cartes postales montrant les portraits des même femmes abordées par ces histoires, de leurs collaborateurs, de leurs amants, de leurs partenaires d’affaires, de leurs camarades, de leurs alliés et de leurs partisans, cherche à briser la structure du savoir pour proposer plutôt un processus de compréhension continu et constant de ces histoires et de leurs impacts sur le Modernisme, sa construction en tant que mouvement, sa préservation et sa compréhension jusqu’à aujourd’hui. Plutôt que de présenter une histoire révisionniste (s’attardant aux femmes), la vidéo insiste sur le fait que le travail inlassable, l’esprit et la conviction qui ont mené ces femmes à créer un réseau de grande envergure traversant les mondes de l’art, de la politique, de l’éducation et des réformes sociales ne concernent pas simplement le passé mais est vivant et reste visible aujourd’hui, partout où nous regardons de près. Ainsi, plutôt que d’essayer de se souvenir de femmes qui ont été oubliées, plutôt que de simplement répéter et enregistrer leurs vies sous formes de biographies, nous devons reconnaître que la multitude de choses que nous considérons comme formant l’épicentre du Modernisme sont les traces concrètes d’actions de femmes et n'existeraient pas dans cette forme sans elles.

 

- Andrea Geyer

 

 

Andrea Geyer, Three Chants Modern (Lily, niv, and Agnes), 2013, épreuve numérique à développement chromogène, 106,7 x 76,2 cm, avec la permission de l’artiste et la Galerie Thomas Zander.

 

« Nous ne pourrons jamais nous élever à la hauteur de personnes éminentes si nous ne considérons pas à nouveau l’art comme une partie essentielle à la vie » - Katherine S. Dreier

 

Comment pouvons-nous redéfinir le temps? Comment pouvons-nous redéfinir sa forme, son autorité et sa structure? Comment pouvons-nous consciemment reconnaitre l’idéologie et la politique comme étant enracinées dans l'organisation même du temps? Que faudrait-il pour briser les structures existantes qui exercent un pouvoir à travers le temps - pour libérer le temps en appelant l’histoire à se révéler d’une nouvelle façon?

 

Abby Rockefeller, Lillie P. Bliss, Mary Sullivan (MoMA), Gertrude Vanderbilt Whitney, Hilla Rebay (Guggenheim), Helen Clay Frick et Katherine S. Dreier (Société Anonyme) ont fondé l’institution du Modernisme à New York. Ces femmes écrivaient, peignaient, agissaient à titre de commissaires, organisaient, dessinaient, dansaient, chantaient, manifestaient et recueillaient des fonds. Celles qui avaient des moyens financiers supportaient celles qui épousaient une cause. Elles se rencontraient dans les salons, lors d’expositions, sur des bateaux sur l’Atlantique, dans des bars clandestins, lors de dîner, dans les bars et dans les rues. C’est leur travail qui les a réunies malgré leurs différences de classe et de culture. Le Futurisme, les réformes politiques, le féminisme, le Cubisme, la contraception, le Blues et le droit de vote des femmes les ont réunies inextricablement durant une des périodes les plus excitantes et créative du 20e siècle. Cependant, Three Chants Modern n’offre pas simplement une vision révisionniste de l’histoire du projet Moderniste, mais insiste sur le fait que le travail inlassable, l’esprit et la conviction qui ont mené ces femmes à créer un réseau de grande envergure traversant les mondes de l’art, de la politique, de l’éducation et des réformes sociales n’existent pas simplement dans le passé mais restent vivants et visibles aujourd’hui, partout où nous regardons de près. L’œuvre nous invite à repenser le temps, pour le découvrir comme une présence non-linéaire qui nous entoure continuellement.

 

Cette œuvre a été commandée par le MoMA à New York. Elle a été réalisée grâce à la Wallis Annenberg Fund for Innovation in Contemporary Art du MoMA, liées à la Annenberg Foundation.

 

Écrit, réalisé et monté par Andrea Geyer

 

Performeurs : Leslie Zema, Edisa Weeks, Alicia Ohs, Patricia Hoffbauer, Lily Gold, niv Acosta

 

Chorégraphie : niv Acosta

Paroles : Andrea Geyer

Musique : JD Samson

 

Conception de costumes : Jocelyn Davis

 

Directeur de production : Cortney Andrews

Directeur de production MoMA : Jill A. Samuels

 

Directeur de la photographie : Michelle Lawler

Opérateur de Steadicam : Jamie Northrup

Assistant 1ère caméra : Consuelo Althouse

Camera Spotter: Ilyn Wong

Chef-électricien:  Stefan Weinberger

Assistant du chef-électricien: Matt Whitman

 

Assistante au Directeur : Brenda Goldstein

Supervision du scénario : Alona Weiss

 

Son: John Steadwell

Perchistes: Pieter Paul Pothoven, Isaac Pool

 

Directeur des médias : Maricruz Alarcón

Support à la performance: Lauren Denitzio

Spotters: Christine Howard Sandoval, John Führer

Gardes de sécurité : Kao-sy Yannyck, Vladimir Legrand, Clement Blake, Adrian Poulson, Reynold Pascal

 

Mixage sonore : Alexa Zimmerman

Correction des couleurs : Cory Evans

 

Remerciement spécial : aux danseurs et au MoMA, à Kathy Halbreich, à Ann Temkin, à Sabine Breitwieser, à Ana Janevski, à Martin Hartung, à Jill A. Samuels, à Cortney Andrews, à l’équipe de sécurité au MoMA, à Hannah Stearn, à Reid Farrington, à Amy Chen, à Cara Manes, à Michelle Elligott, à Milan Hughston, à Jane Anderson, à Sharon Hayes, à Barbara Clausen, à Vivian Ziherl et à Ashley Hunt

 

- Andrea Geyer

 

 

 

CV

 

Le travail d’Andrea Geyer traite de la construction et des enjeux politiques propres au temps, envisagé dans ses liens avec la politique, la culture et l’histoire. Misant particulièrement sur le sujet des femmes, son travail aborde de puissantes situations, évènements et circonstances sociales et politiques, avec le but de créer des espaces de réflexions critiques et collectives sur les politiques et idéologies des déplacements temporaux et la difficile complaisance des spectateurs. Ses œuvres récentes comprennent Comrades of Time une série de vignettes vidéo dans lesquelles des jeunes femmes incarnent des textes provenant de la République de Weimar qui invoquent une politique imaginaire résonnant fortement avec le climat politique d’aujourd’hui; Criminal Case 40/61: Reverb,  une vidéo à six canaux abordant le procès historique d’Adolph Eichmann à Jérusalem (1961) et les questions soulevées sur la relation entre la vérité et la justice et sur la responsabilité que porte un individu au sein d’un état-nation. Puis Spiral Lands, une historiographie photographique et textuelle de l’expropriation continue des terres des Autochtones causée par la colonisation, les pratiques de gouvernance et le développement capitaliste, qui constitue une des plus longue lutte pour la justice sociale en Amérique du Nord. Ses expositions incluent : MoMA/New York, Whitney Museum of American Art/New York; Artist Space/New York; RedCat/Los Angeles; TATE Modern/Londres; Serpentine Gallery/Londres; Generali Foundation/Vienne; Secession/Vienne; Witte de White/Rotterdam; la biennale de Turin/Italie; Biennale Athènes/Grèce; et documenta12/Kassel. Elle est représentée par la Galerie Thomas Zander/Cologne. Ses publications sont : History Is Ours avec Sharon Hayes), 2009, Kehrer/Nürnberg; Audrey Munson, The Queen of the Artists’ Studios, 2007, Art In General/New York et Spiral Lands / Chapter 1, 2008, Koenig Books/Londres. En 2012 et 2013, elle a obtenu un poste de chercheuse au MoMA, rendu possible par la Wallis Annenberg Fund for Innovation in Contemporary Art, liée à la Annenberg Foundation du MoMA.

 

Source: www.andreageyer.info

 

 

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