LES ANNÉES 1990

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            Au début des années 1990, Régine Basha succède à Peter Krausz comme directrice de la galerie. En 1992, elle invite la commissaire Claire Gravel à concevoir le dernier volet d’une série d’expositions sur le dessin amorcée dans les années 1980. Au même titre que Diana Nemiroff en 1984 avec son exposition Drawing=installation=dessin (1984), Gravel rassemble des œuvres qui explorent l’hybridation de ce médium lorsqu’il transite vers l’installation et le photographique. Or Le dessin rebelle n’utilise pas l’espace d’une façon aussi cohérente que la proposition de Nemiroff, où tous les dispositifs de présentation (murs, cimaises, sol) sont mis à profit par les artistes. La possibilité de reconfigurer les paramètres architecturaux de la galerie semble alors se limiter à la construction de quelques murs séparateurs. Des constellations d’objets occupent désormais l’aire centrale laissée ouverte. Ce nivelage spatial produit des scénographies d’exposition beaucoup plus aérées et hétérogènes, souffrant quelquefois de ce surplus d’espace inoccupé. En revanche, d’autres commissaires travaillent avec ces contraintes et choisissent des œuvres qui gagnent à s’inscrire au sein d’un tel cadre. L’exposition L'éthique de l'exécution : la série « Forming » de John Heward (1993), organisée par James D. Campbell, se bonifie dans cette enceinte rectangulaire. Les murs s’affichent comme autant de surfaces d’inscription tridimensionnelles pour accueillir des fragments d’un degré zéro du langage pictural. L’accrochage de The White Paintings, Julião Sarmento (1994) tisse une ligne narrative où les motifs dessinés sur fonds blancs semblent à la fois disparaître et apparaître. Dans un registre plus sombre, l’exposition Marie-Jeanne Musiol : Du noir, une impulsion lumineuse (1993) exploite les superficies murales afin de disposer des séquences évoquant divers degrés d’émergence de l’image depuis la matérialité de l’émulsion photographique.

 

 

            Bien que plusieurs commissaires invités conçoivent des expositions sur invitation dans les années 1980, la décennie suivante marque l’essor de cette pratique. Le centre délaisse les manifestations à caractère didactique et prend alors une tangente nettement plus axée vers la diffusion de l’art contemporain. En 1993, Basha initie le cycle L’entrespace = the space between qui se substitue à la structure souvent critiquée des biennales de la relève organisées par la galerie depuis 1977. Plutôt que de solliciter plusieurs œuvres et en sélectionner quelques-unes, des commissaires (Régine Basha, Sylvain Campeau, Jennifer Couelle, Brian Foss) choisissent chacun trois artistes dont la démarche respective se rapproche de leurs préoccupations. L’exposition évite de défendre un point de vue faussé – prétendant à l’exhaustivité – sur la production récente. L’intitulé L’entrespace évoque également la proposition de l’artiste telle qu’elle s’emmêle au discours d’un commissaire lors de la conception d’une exposition. L’événement de 1993 sera suivi d’une seconde version en 1995 (commissaires : Sylvie Fortin, Valérie Lamontagne et David Liss) et réitéré en 1997 (commissaires : Lucinda Catchlove, David Liss et Emmanuel Galland). En 1994, David Liss prend la relève de Régine Bacha. Ses partis pris esthétiques sont infléchis par son intérêt pour la peinture néo-expressionniste[4]. Il s’inscrit ainsi dans un créneau familier de la galerie, mais embrasse cette fois les idiomes de la culture populaire. De plus, Liss marque son passage par une série d’expositions fortement axées sur le développement de nouveaux publics. En 1996, avec la commissaire Marie-Michèle Cron, il organise la première mouture de l’exposition hors les murs Artifice, qui investit des édifices vacants du centre-ville pour présenter les artistes de la relève. Comportant également un volet dans la galerie, l’exposition recevra beaucoup de visibilité médiatique et sera reprise avec le même succès en 1998.

 

 

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