LA RÉPÉTITION MISE À L'ÉPREUVE

31 AOÛT - 10 DÉCEMBRE 2016

Putting Rehearsals to the Test

Image: Klaus Scherübel, La répétition (Prototype), VOL. 24, 2016. Courtoisie de l'artiste.

La répétition mise à l'épreuve
La répétition mise à l'épreuve

Commissaires: Sabeth Buchman, Ilse Lafer et Constanze Ruhm, 31 août - 10 décembre 2016. Photo: Paul Litherland

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La répétition mise à l'épreuve
La répétition mise à l'épreuve

Commissaires: Sabeth Buchman, Ilse Lafer et Constanze Ruhm, 31 août - 10 décembre 2016. Photo: Paul Litherland

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Commissaires: Sabeth Buchman, Ilse Lafer et Constanze Ruhm, 31 août - 10 décembre 2016. Photo: Paul Litherland

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La répétition mise à l'épreuve

Commissaires: Sabeth Buchman, Ilse Lafer et Constanze Ruhm, 31 août - 10 décembre 2016. Photo: Paul Litherland

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La répétition mise à l'épreuve

Commissaires: Sabeth Buchman, Ilse Lafer et Constanze Ruhm, 31 août - 10 décembre 2016. Photo: Paul Litherland

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Commissaires: Sabeth Buchman, Ilse Lafer et Constanze Ruhm, 31 août - 10 décembre 2016. Photo: Paul Litherland

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INFORMATION

LA RÉPÉTITION MISE À L'ÉPREUVE

À suivre : répétitions inachevées

 

Artistes

Discoteca Flaming Star • Harun Farocki • Marie Claire Forté et Alanna Kraaijeveld en dialogue avec Sophie Bélair Clément • Hanako Geierhos • Richard Ibghy & Marilou Lemmens • Jutta Koether • Krüger & Pardeller • Achim Lengerer (en collaboration) • Rashid Masharawi • Klaus Scherübel  

 

Commissaires

Sabeth Buchman, Ilse Lafer et Constanze Ruhm

 

STICKY STAGE, performance de Discoteca Flaming Star

31.08.2016, de 20 h à 8 h

 

Visite avec les commissaires

31.08.2016, 12 h 15 

 

SBC galerie d’art contemporain, la Galerie Leonard & Bina Ellen et VOX, centre de l’image contemporaine accueilleront à l’automne 2016 un événement majeur intitulé La répétition mise à l’épreuve complété par un programme de films présenté à la Cinémathèque québécoise et à VOX. Les trois commissaires de l’exposition, Sabeth Buchmann, Ilse Lafer et Constanze Ruhm, réuniront plus de cinquante artistes de la scène internationale, qui examinent un ensemble de positions et de stratégies en art contemporain où la répétition est envisagée à la fois comme sujet et comme pratique. Si le thème de la « répétition » est fréquemment abordé au cinéma et au théâtre, de même que dans le domaine des beaux-arts, il est rarement pris en considération en histoire de l’art ou dans le discours sur l’art contemporain. C’est dans cette optique que l’exposition La répétition mise à l’épreuve interroge le rôle et la fonction de la notion de « répétition », conçue à la fois comme une méthodologie, unmodus operandi et un médium, ainsi qu’un site de représentation et de réflexion pour les processus de production artistiques.

 

 

Liste complète des artistes et cinéastes

Marwa Arsanios • Judith Barry • Martin Beck • Rainer Bellenbaum • Cana Bilir-Meier/Liesa Kovacs/Lisa Kaeppler en collaboration avec Nora Jacobs • Merlin Carpenter • Keren Cytter • Carola Dertnig • Discoteca Flaming Star • Loretta Fahrenholz • Harun Farocki • Heike-Karin Foell • Marie Claire Forté et Alanna Kraaijeveld en dialogue avec Sophie Bélair Clément • Hanako Geierhos • Jean-Luc Godard • Ana Hoffner • Oliver Husain • Richard Ibghy & Marilou Lemmens • On Kawara • Jutta Koether • Eva Könnemann • Krüger & Pardeller • Achim Lengerer • Rashid Masharawi • Jasmina Metwaly et Philip Rizk • Eva Meyer et Eran Schaerf • minimal club • Regina (Maria) Möller • Yoko Ono • Silke Otto-Knapp • Falke Pisano • Mathias Poledna • Marlies Pöschl • Isa Rosenberger • Constanze Ruhm • Susanne Sachsse • Klaus Scherübel • Eske Schlüters • Maya Schweizer • Wendelien van Oldenborgh • Clemens von Wedemeyer • Tanja Widmann • Katarina Zdjelar • Heimo Zobernig

 

Cet événement est rendu possible grâce au précieux soutien du BKA – Département des arts et de la culture de la Chancellerie fédérale d’Autriche, du Forum Culturel Autrichien / Ambassade d’Autriche, du Goethe-Institut, de l’IFA – Institut pour les relations culturelles avec l’étranger (Allemagne), du Mondriaan Fonds (Pays-Bas), du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts de Montréal et du Conseil des arts et des lettres du Québec.

 

SBC souhaite remercier VOX, centre de l'image contemporaine, la Galerie Leonard & Bina Ellen, le centre des arts actuels SKOL et Oboro.

SBC galerie d'art contemporain 

À suivre : répétitions inachevées

STICKY STAGE, performance de Discoteca Flaming Star : 31.08.2016, 20 h à 8 h

Visite avec les commissaires : 

31.08.2016, 12 h 15 

 

Galerie Leonard & Bina Ellen

Il s’agit de modelage, non de modèles

30.08.2016 – 29.10.2016

Vernissage : 30.08.2016, 17 h 30

Visite avec les commissaires : 

30.08.2016, 17 h

 

VOX, centre de l'image contemporaine

En cours de production : l’image post-dramatique

01.09.2016 - 26.11.2016

Vernissage : 01.09.2016, 17 h 30

Visite avec Tanja Widmann et les commissaires : 01.09.2016, 17 h

 

Programme de films

Cinémathèque québécoise

Projection de Passion (1982)

Dir.: Jean-Luc Godard

02.09.2016, 21 h

 

VOX, centre de l'image contemporaine
Projections quotidiennes

02.09.2016 - 01.10.2016

ÉVÉNEMENTS

BIOGRAPHIES DES ARTISTES

RECHERCHE

COUVERTURE MÉDIATIQUE

PARTENAIRES

ESSAI DES COMMISSAIRES

 

LA RÉPÉTITION MISE À L'ÉPREUVE

À suivre : répétitions inachevées

 

Si le thème de la « répétition » est fréquemment abordé au cinéma et au théâtre, de même que dans le domaine des beaux-arts, il est rarement pris en considération en histoire de l’art ou dans le discours sur l’art contemporain. C’est dans cette optique que l’exposition La répétition mise à l’épreuve interroge le rôle et la fonction de la notion de « répétition », conçue à la fois comme une méthodologie, un modus operandi et un médium, ainsi qu’un site de représentation et de réflexion pour les processus de production artistiques.

 

En référence à des films comme Sympathy for the Devil (One + One) (1968) de Jean-Luc Godard, Beware of a Holy Whore (1971) de Rainer Werner Fassbinder et Lives of Performers  (1972) d’Yvonne Rainer, cette exposition rassemble diverses démarches artistiques qui amalgament la vie et l’art en transposant les genres du documentaire, de la comédie musicale, du film de danse et du mélodrame au sein d’une structure narrative qui aborde les hiérarchies obsolètes, les relations sociales et les interactions émotionnelles. Le topos de la répétition sert de point de convergence entre des jeux de rôle réels et fictifs, des schémas comportementaux répétitifs, et des exercices d’apprentissage. Ces films peuvent être considérés comme postrévolutionnaires, puisqu’ils s’intéressent aux conflits structurels et interpersonnels (tels que la compétition ou l’envie) issus des mouvements de 1968 qui s’efforçaient d’éradiquer les anciennes relations de pouvoir. Nous examinons ici les modèles de répétition fondés sur les notions d’égalité et de parité.

 

Le collectif Discoteca Flaming Star nous immerge au cœur du sujet avec l’installation Sticky Stage, qui renvoie au film de Jules Dassin The Rehearsal (1974) sur l’écrasement du soulèvement étudiant grec au début des années 1970 : cette expérience dévastatrice est reconstituée dans le film de Dassin par un groupe d’acteurs, de musiciens et d’intellectuels afin de comprendre l’échec de la révolution, et concevoir des stratégies de résistance efficaces contre la dictature militaire qui avait investi le pouvoir en Grèce. Dans Sticky Stage, la répétition devient une pratique transitoire où des documents historiques sont associés à des schémas expérimentaux, suggérant ainsi des modèles alternatifs d’action concertée. On retrouve des exemples similaires dans les manifestations étudiantes qui ont eu lieu à Montréal au printemps 2012, ou dans le climat contestataire des années 1970 et 1980, lors des grèves ouvrières et des soulèvements politiques destinés à encourager la participation et l’(auto-)responsabilisation citoyenne face au triomphe généralisé de l’économie néolibérale. Discoteca Flaming Star utilise le modèle de la « répétition » sans avoir recours à la réitération de narrations héroïques; le collectif explore la dialectique entre action/activation et inaction/désactivation. La méthodologie de la répétition devient alors un outil discursif et, simultanément, un dispositif qui rend visibles à la fois les interruptions éphémères des mécanismes du pouvoir et la mise en place permanente de règles préfabriquées.

 

Le documentaire d’Harun Farocki intitulé Retraining est un remake du film Die Schulung/ The Training (1987), qui présente des méthodes d’(auto-)formation élaborées par et pour des gestionnaires souhaitant se perfectionner dans la promotion et la vente de leurs produits. Si les participants du premier film sont de jeunes gestionnaires de l’ex-RFA, ceux du second sont nés dans l’ex-RDA. Les jeunes gestionnaires, qui suivent un séminaire en rhétorique afin d’améliorer leur performance au travail, se comportent comme des étudiants imitant leurs propres professions. Animé par un coach de l’ex-RFA qui se réfère aux théories de l’organisation et du management, le film ressemble à une parabole sur l’intégration et le triomphe du capitalisme consumériste occidental au sein du pays réunifié.

 

Waiting est un documentaire tourné sans script préalable par le cinéaste palestinien Rashid Masharawi en 2002 sur une séance de casting pour son projet en préparation, un long métrage du même titre. En raison d’un climat politique incertain à Ramallah, Masharawi se trouva immobilisé à Amman, en Jordanie, où il décida d’organiser un casting avec des acteurs palestiniens auxquels il fut demandé « d’attendre » : non de jouer, mais de vivre « l’attente ». L’œuvre se concentre sur les moments de transition, où le casting et la répétition deviennent et façonnent la réalité en même temps.

 

Les artistes Krüger & Pardeller s’approprient les procédures de la répétition afin de créer des modèles élargis d’ateliers qui examinent à la fois la question de la représentation et la validité de la critique institutionnelle. Les exercices d’apprentissage de groupe qu’ils proposent concernent et affectent tous les participants du secteur institutionnel, y compris les consultants de firmes privées. Ainsi placés entre parenthèses, les processus esthétiques et politiques prennent la forme de narrations fragmentaires, incohérentes et inachevées, qui permettent d’imaginer d’autres formes de collaboration et des alternatives pour l’avenir. Les procédures d’analyse se conjuguent ainsi à des spéculations sur le futur des institutions qui fonctionnent en partenariat avec le secteur public et privé. Les affichettes qui accompagnent le projet peuvent être interprétées spontanément comme des plans, des diagrammes, ou des documents à distribuer au public.

 

Les objets transitoires d’Hanako Geierhos (voir le texte de la Galerie Leonard & Bina Ellen) et les peintures modulaires de Jutta Koether (voir le texte de VOX) – dont les formes et l’esthétique ont en commun une approche performative des relations sujet-objet – font appel à la notion de « répétitions inachevées ». Leurs réseaux éphémères de gestes et de figurations s’inscrivent respectivement dans une démarche post-minimaliste (par le biais d’objets, accessoires, livres, etc.) et dans la pratique de la peinture.

 

Achim Lengerer développe une pratique continue d’édition de magazines intitulés Scriptings, qui sont à la fois le support d’un travail collectif de lecture et d’écriture, et un médium pouvant être considéré comme un objet éphémère. Abordant des sujets et des stratégies méthodologiques issus de divers domaines (art, littérature, film, théorie, politique, science et technologie), le processus éditorial crée un scénario similaire à celui des répétitions, au cours duquel les participants (qu’ils soient actifs ou observateurs) adoptent et interprètent des rôles changeants. Dans la présente exposition, Scriptings #46, un catalogue, en tout cas non raisonné et incomplet remplace les textes de présentation conventionnels

 

Utilisant une reproduction d’un des célèbres tableaux d’Edgar Degas où il dépeint une répétition de danse, soit celui intitulé La Répétition (1874), Klaus Scherübel a conçu un « objet calendrier », La répétition (Prototype), VOL. 4 (2016), dont la présentation correspond aux dates individuelles des trois expositions à SBC galerie d’art contemporain, à la Galerie Leonard & Bina Ellen et à VOX, centre de l’image contemporaine. Bien que chaque page du calendrier affiche la même reproduction du tableau, chacune renvoie cependant toujours à un mois différent, dans ce cas-ci allant d’août à décembre. Conceptuellement autonome dans sa référentialité à l’histoire de la peinture, le calendrier devient également un objet fonctionnel. 

 

When the Guests are not looking (2016) de Richard Ibghy et Marilou Lemmens se compose d’une série de répétitions éphémères et invisibles, centrées sur le personnage éponyme du dialogue écrit par Denis Diderot, Le Neveu de Rameau (1762-1777). Ces performances ont lieu en dehors des heures d’ouverture de la galerie et ne sont accessibles qu’au moyen d’une publication.

 

Tandis que l’interprète fantôme d’Ibghy et Lemmens, dont l’existence même est incertaine, répète littéralement dans hors-espace institutionnel, Marie Claire Forté et Alanna Kraaijeveld (en dialogue avec Sophie Bélair Clément), dans leurs répétitions non annoncées d’une chorégraphie intitulée I’d rather something ambiguous. Mais précis à la fois, rendent visible un ensemble de coordonnées grâce auxquelles nous devenons témoins du travail des interprètes, dont les corps traversent l’histoire de la chorégraphie dans des répétitions non annoncées intitulées Répétitions de Collections de danses de Christian Rizzo, Gene Kelly et Stanley Donen, Édouard Lock, William Forsythe, Merce Cunningham, Saburo Teshigawara, Trisha Brown; Jeffrey Daniel, Michael Jackson et Vincent Patterson, Mats Ek, Dana Michel; Dana Foglia, Chris Grant et JaQuel Knight, Crystal Pite, Pina Bausch, Lloyd Newson, Tedd Robinson, Hofesh Shechter, Bob Fosse, Anne Teresa de Keersmaeker, Daniel Linehan, Amanda Acorn, Jiři Kilyán, Akram Khan, Stijn Celis, Deborah Hay, Liz Santoro et Pierre Godard, Marie Claire Forté, Meg Stuart et Philipp Gehmacher et autres (2016). Ces performances, auxquelles s’ajoute la publication Scriptings d’Achim Lengerer, prennent place dans et autour des trois espaces de l’exposition La répétition mise à l’épreuve; elles lient par là même les trois scénarios de l’exposition et en font une constellation complexe de répétitions.

 

Lorsque le topos de la répétition est appréhendé sous ces deux aspects – la citation de diverses formes de représentation et d’expression, et un modus operandi pour des (inter-)actions réelles et/ou virtuelles – il révèle son potentiel critique et sa capacité à induire des changements. Des environnements inconnus et kaléidoscopiques apparaissent, grâce auxquels les instants fragiles, démultipliés et fracturés où se manifestent des relations déréglementées entre les œuvres et les participants peuvent être mis au jour et expérimentés.