Viviendo en el tiempo 

Programme de performances au musée 
Ex Teresa Arte Actual 
Commissaire : Samantha Ozer
Date : 11 février 2022, 19h - 21h (CST)

À une époque où notre relation au temps a irrévocablement changé, Vivre dans le temps rend visible le pouvoir de transformer des petites actions et répétitions en rituels. Répondant à l'architecture de l'ancienne église, qui abrite présentement le musée Ex-Teresa Arte Actual, Arantxa Araujo, en collaboration avec LUM Arte y Medios y Vicios Ocultos, Alejandro Chellet, Miao Jiaxin et Verónica Peña, examinent la manière dont le lieu fonde l'expérience et dont nos environnements médiatisent notre connexion avec nous-mêmes et les autres. Le titre fait référence au texte “We are opposite like that” (Subcontinentment books : 2020) de l'écrivain et artiste Himali Singh Soin. Le poème commence par "nous vivons dans le temps, même si nous faisons l'expérience du monde dans la durée" et continue à troubler la "tension invisible entre la réalité objective et la subjectivité de la perception." Si ce moment de crise prolongée apporte de nouvelles angoisses, il offre également l'occasion de se défaire d'une relation linéaire avec le temps et d'imaginer de nouvelles formes de communication.

Dans Timelessness (2022), une nouvelle performance créée pour cette occasion, Arantxa Araujo, en collaboration avec LUM Arte y Medios y Vicios Ocultos, explore la nature du temps en s'engageant dans des cycles de fluidité et en les brisant. Suivant un ensemble d'actions prescrites centrées sur un rituel impliquant de la cire fondante et de l'eau glacée, elle construit un masque pour ensuite l'enlever et laisser un morceau d'elle-même derrière elle. Mis en contraste avec le jeu de lumière de la projection qu’elle a chorégraphiée et du son que Mariana Uribe a composé, les mouvements se répètent et se renversent à différents intervalles et à différentes vitesses, disséquant finalement notre perception de la présence et de l'existence.

 

L'œuvre Navigating human traces (2022) d'Alejandro Chellet étudie le développement humain à travers l'histoire de notre relation à l'eau. Après avoir passé des périodes prolongées au sein de cette force territoriale majeure de la planète et s'être adapté à un rythme différent, sa recherche cherche à modifier la perspective de l'encadrement du temps sur terre. Il s'intéresse également aux interactions historiquement violentes que l'eau a facilitées (du colonialisme et de la conquête) et qu'elle vit aujourd'hui lorsque les humains extraient le pétrole de la mer. Inspiré par ses récentes expériences de navigation sur la côte Pacifique du Mexique, Chellet effectuera une série de mouvements intuitifs sur une collection de cartes.

 

Dans la première de Bubble Breathing (2022), Miao Jiaxin se tient à l'intérieur d'une boîte en verre, soufflant des bulles de savon teintées de pigment rouge. Alors qu’un microphone amplifie chacune de ses respirations via les haut-parleurs installés dans l'espace, les bulles explosent sur les murs. Le pigment rouge recouvre lentement le verre, couche par couche, au fur et à mesure de la performance, marquant le cycle respiratoire de l'artiste. Avec l'accumulation du temps, la présence du souffle s'intensifie, et l'existence et la menace potentielle du souffle deviennent manifestes.

 

The Body in the Substance (2018-2022) de Verónica Peña est un projet continue dans lequel elle considère les notions de rituel, de temps, de lutte contre la violence et de promotion de l'harmonie humaine. À travers cette œuvre durative, Peña s'immergera sous l'eau tandis qu'une métamorphose transformera l'apparence de son corps. Dans l'espace confiné de la cuve d'eau, le temps se présente à la fois comme suspendu, comme si elle se trouvait dans un monde primordial ou embryonnaire, et comme extrêmement pénible, sa respiration étant menacée.