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Cleiber Bane et Ibã Sales, MAHKU, Yube Inu Yube Shanu (mito de surgimento da ayahuasca), 2021.

Acrylique sur toile, 150 x 196 cm. Crédit photo: Samuel Esteves

Détail de l'exposition MAHKU et Bruno Novelli, Tudo é perigoso. Tudo é divino, maravilhoso. (Tout est dangereux. Tout est divin, merveilleux), 2021.

Production Carmo Johnson, commissaire: Daniel Dinato.

 

VENDE TELA COMPRA TERRA

MAHKU (Movimento dos Artistas Huni KUin)

Commissaires : Ibã Huni Kuin et Daniel Dinato

EVENEMENTS

 

Une série d'événements de médiation culturelle sera mise en place au cours de l'exposition et sera présenté sur ce site et sur nos pages de réseaux sociaux (FB, IG). Restez informé.es en consultant régulièrement le site ou en vous abonnant à notre infolettre et nos flux Facebook et Instagram.

À PROPOS DE L'EXPOSITION

 

Le collectif MAHKU (Movimento dos Artistas Huni KUin) s'est constitué au sein du peuple autochtone amazonien Huni Kuin. Depuis 2012 le mouvement poursuit les recherches entamées par Ibã Huni Kuin sur les chants rituels huni meka (ayahuasca). Fondée sur une recherche mémorielle de la culture Huni Kuin, la production artistique du collectif permet la revitalisation des chants et de la langue hantxa kuin, après des décennies de répression perpétrée par les exploitants du caoutchouc. Transposition visuelle d'un chant intraduisible, la production du collectif MAHKU est autant un support de transmission du savoir culturel au sein du peuple lui-même qu'un dialogue interculturel avec l'univers non autochtone. L'un des principaux axes d'action du collectif est la revendication constante d'autonomie dans ses relations avec les non-autochtones. La production et la vente des peintures interviennent alors autant comme une revendication de la culture Huni Kuin que comme un outil de résistance et d'autonomisation. « Vende tela, compra terra », “vendre une toile, acheter une terre”, devise revendiquée par Ibã Huni Kuin aux débuts du mouvement, résonne tel un slogan politique pour une réappropriation des savoirs et des terres ancestrales. 

LES ARTISTES

Fondé en 2012, MAHKU (Mouvement des Artistes Huni Kuin) est un collectif d'artistes autochtones du peuple Huni Kuin qui vit dans la région amazonienne du Nord-Ouest du Brésil. Pendant des milliers d'années, la vie et la culture des Huni Kuin ont été en relation symbiotique avec l'écosystème complexe qui les entoure. Cependant, le début de l'exploitation économique du caoutchouc à la fin du XIXe, a entrainé un profond bouleversement de leur mode de vie. Il s'agit d'une histoire d'exclusion, de déplacement et d'exploitation systématique des terres qui se poursuit encore aujourd'hui. La lutte pour le milieu de vie des Huni Kuin est étroitement liée à la préservation de leurs traditions culturelles, dans lesquelles la musique et les chants collectifs jouent un rôle important.

 

La peinture, principale production artistique de Mahku, est née de cette nécessité de faire revivre des connaissances collectives sur le point de disparaître, et consiste à traduire les chants huni meka (les chants qui guident les rituels d'ayahuasca) et certains mythes en images. Guidés par Ibâ Huni Kuin, les artistes transforment et créent des ponts avec les allochtones par le biais de murales et dessins tout en construisant des alliances et des stratégies d’autonomie. 

 

‘’Vende tela, compra terra (vend la peinture, achète des terres)’’, est une action qui a permis au collectif Mahku d’acheter, en 2014, 10 hectares de forêt où se trouve maintenant le ‘’Centre Mahku Indépendant'', un lieu de préservation de la forêt et des savoirs ancestraux où le collectif poursuit ses recherches. Actuellement, le collectif est composé par Ibã Huni Kuin (1964), Kássia Borges (1962), Acelino Tuin (1975), Cleiber Bane (1983) et Pedro Maná (1996).

PARTENAIRES
LES COMMISSAIRES
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Ibã Huni Kuin, artiste, commissaire et fondateur du MAHKU

Ibã Huni Kuin (1964) est un artiste, un chercheur et un txana, un expert des chants. Dans les années 1980, il a commencé des recherches avec son père, Tuin, et ses oncles pour faire revivre les chants huni meka et la langue hanxta kuin, la langue des Huni Kuin. C'est dans ce cadre de la recherche qu'il fonde en 2012, avec son fils Bane, MAHKU.

Ibã est également un activiste qui se bat pour l’affirmation de la culture des Huni Kuin et pour le renforcement de leur autonomie économique et politique. Cette politique d’affirmation passe par une stratégie d’alliances avec les autres groupes autochtones, mais également avec des txai (des alliés non autochtones). C’est dans ce contexte que Ibã Huni Kuin, en collaboration avec Daniel Dinato, a eu l’idée d’une exposition à l’extérieur du Brésil, qui permettrait à sa communauté de tisser des liens nouveaux.

 

Daniel Dinato, commissaire et anthropologue

Daniel Dinato (1990) a une formation en anthropologie sociale et en études curatoriales. Il effectue des recherches et travaille en collaboration avec le collectif MAHKU depuis 2016.  Il est resté très proche des artistes du collectif depuis ce temps, surtout d’Ibã, avec lequel il a conçu le projet d’exposition « MAHKU  - Vende tela, compra terra ».  Il est actuellement doctorant à l'Université du Québec à Montréal, où il développe, en collaboration avec MAHKU, le concept de commissaire-txai, une pratique curatoriale à long terme fondée sur les affinités et la différence. Il est membre du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA) et du Groupe de recherche interdisciplinaire sur les affirmations autochtones contemporaines (GRIAAC).