Ursula Johnson

Ke’tapekiaq Ma’qimikew: 

The Land Sings / La terre chante

 

27.10.2018 - 02.02.2019

 


Rencontre avec l'artiste : 26.10.2018, 19h

 Vernissage : 27.10.2018, 19h


 

Performance : 27.10.2018, 16h

Ursula Johnson avec ODAYA

Parc Hydro QC, 50, rue Ste-Catherine Ouest

 

Dans Ke'tapekiaq Ma’qimikew: The Land Sings / La terre chante, l’artiste multidisciplinaire Mi’kmaq Ursula Johnson réfléchit aux traumatismes que la terre, les cours d’eau - toutes forces vitales - ont enduré à cause des êtres humains. La réciprocité n'est plus excercée: nous prenons à la terre plus que ce qu’elle est capable de nous donner. Depuis des siècles, nous manipulons la surface de la terre, la vie animale et végétale, et faute de notre avidité des ressources naturelles, nous avons “transformé la terre jusqu’au point de perturber l’équilibre qui a toujours existé dans la nature.”1 Ke'tapekiaq Ma’qimikew: The Land Sings / La terre chante est conçue en guise de demande de pardon à ces terres.

 

Une série de collaborations qui se dégage du lieu de présentation et débutant en 2013, ces performances d’endurance réinterprètent le procédé autochtone de “Songlines” (chants d'itinéraire), une manière de délimiter les territoires et les chemins parcourus. Dans le contexte de Tiohtià:ke / Mooniyaang / Montréal, Johnson travaillera en collaboration avec ODAYA, un collectif de femmes autochtones, à la création d’une nouvelle “Songline.” En réemployant des cartes géographiques de Ressources naturelles Québec, la “Songline” sera tracée tel un chemin à travers le système national de référence cartographique, et en notation musicale.

 

Le 27 octobre, quatre femmes de différentes nations et d’héritages mixtes se rassembleront pour chanter sur ce territoire non-cédé et contesté afin de témoigner de la diversité de l'indigénéité, la lisibilité de l'expérience urbaine, et de la ténacité de la survivance.2 Le territoire se réconcilie de nouveau: le ramatriement prend lieu. Cette rencontre de chants, de nations autochtones, d’espace incarné et d’histoires mises en lumière3, est précisément ce que l’écrivaine et intellectuelle Mishuana Goeman considère comme lien entre les relations délicates et “la différence entre la perte et la continuité.”4

 

En se confrontant aux structures colonialistes et capitalistes qui perpétuent la perte et l'effacement des récits et des espaces autochtones, Johnson fait face ainsi à la manière dont ces structures obscurcissent le dommage catastrophique qu'ont nos modes de vie sur la terre. L’acte collectif de combler les plaies infligées par les processus d'industrialisation et l'extraction sans répit des ressources, perçu comme geste de réconciliation avec la terre, aura lieu par le chant, mais la performance d’endurance Ke'tapekiaq Ma’qimikew: The Land Sings / La terre chante témoigne aussi de la présence et de la résurgence autochtone. Comme l'a décrit Julie Nagam, "Les corps autochtones ont des conséquences matérielles sur la politique de la reconnaissance et de la souveraineté puisque ces corps tiennent en eux des géographies dissimulées.”5

 

Dans la galerie à SBC, diverses itérations de Ke'tapekiaq Ma’qimikew: The Land Sings / La terre chante qui furent réalisées dans différents points de l'Île de la Tortue sont présentées ensembles pour la première fois dans une exposition et diverses stations d’écoute.

 

 

 

 

 

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        Ke’tapekiaq Ma’qimikew: The Land Sings / La terre chante s’inscrit dans

le cadre du Programme Ciblé 2018 de SBC, d’après Colors (for 14 women's voices) 

du compositeur Julius Eastman et les pratiques de l’étude et de l’écoute non extractive.

 

 

 

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1 Ursula Johnson.

2 Comme l’a théorisé l’écrivain autochtone Gerald Vizenor.

3 Un projet collaboratif centrant les voix autochtones, co-organisé par Tarah Hogue, Maria Hupfield et Tania Willard.

4 Nagam, Julie. "The Occupation of Space: Creatively Transforming Indigenous Living Histories in Urban Spaces." Land|slide: Possible Futures (2015): 148.

5 Goeman, Mishuana. "(Re)Mapping Indigenous Presence on the Land in Native Women's Literature." American Quarterly 60, no. 2 (2008): 300.

6 Nagam, Julie. “(Re)mapping the Colonized Body: The Creative Interventions of Rebecca Belmore in the Cityscape.” American Indian Culture and Research Journal 35, no. 4 (2011): 148

ODAYA

Photo: Kimura Byol

ODAYA is a political Indigenous women's music collective formed in 2007. Revitalizing traditional hand drumming as cultural resistance for contemporary living its members are recognized by their communities for solidarity work focusing on Indigenous feminism and urban community-building initiatives. Active on the arts scene and at street demonstrations, ODAYA currently consists of three women of diverse Indigenous heritage:  Émilie Monnet (Anishinabe/French), Dayna Danger (Métis/Saulteaux/Polish) and Nahka Bertrand (Dene/Québecoise).