Paisagem Banzo / Paysage banzo / Banzo Landscape

Mariana Marcassa

16.11.2019 - 21.12.2019

ÉVÉNEMENTS

L’espace d’exposition sera développé lentement à travers une série de gestes et de performances rituels. Les articulations entre les mouvements laisseront des traces, des marques, des sons, faisant du Banzo-Paysage une matière vivante en mouvement constant.

 

16 novembre, 14 h

Mariana Marcassa

et l’artiste invité, Vovo Saramanda 

balayer, purifier, effleurer, ouvrir

Ouverture du Paysage — Herbal Sacudimento (rituel basé sur les pratiques de la religion afro-brésilienne Umbanda)

 

30 novembre, 14 h

Mariana Marcassa

et l’artiste invité, Cadu Mello

ramper, frictionner, marmonner et invoquer

Invoquer le Paysage, le mouvement de devenir — la terre et ses sons

 

7 décembre, 14 h

Mariana Marcassa et artistes invités,

Philippe Battikha et Mitch Van Dusen

respirer, tournoyer, chanter, bouger

Voler avec le Paysage, co-composer avec lui — le mouvement en spirale de création

 

14 décembre, 14 h

Mariana Marcassa

et conférencière invitée, Maria Fernanda Novo

écouter, parler, partager, diffuser

Parler avec le Paysage — Sentiment de réflexion et lancement du livre

 

21 décembre, 14 h

Mariana Marcassa

nettoyer, emballer, lancer, remercier

Fermeture du Paysage — rituel de chant et de nettoyage

 

DESCRIPTION

Mémoire-son, mémoire-couleur, mémoire-odeur, mémoire-texture, mémoire-mouvement comme action spéculative : Paisagem Banzo / Paysage banzo / Banzo Landscape est une expérimentation procédurale sur le temps, l’affect et la mémoire comme travail collectif en progression qui considère le banzo comme un traumatisme colonial qui se répercute et agit dans les corps et le paysage du Brésil.*

 

Paisagem Banzo / Paysage banzo / Banzo Landscape tend à évoquer et créer un paysage multiple, paradoxal, complexe — en ressentant sa mémoire, en faisant entendre ses sons inaudibles, en écoutant ses voix et en rendant visibles les formes des mouvements des forces qui le composent.

 

En créant un paysage à partir de ces forces, par le biais de sons et de mots magiques, Paisagem Banzo / Paysage banzo / Banzo Landscape incante le trauma-banzo et le monde, créant ainsi d’autres sonorités et de nouvelles chansons qui invitent à repositionner le schéma vibratoire et créer une différence. Cela ouvre un espace d’écoute sur les séparations et disjonctions engendrées par la colonisation — la connaissance du corps et de la terre invite, par leur relation profonde, à la création de nouveaux modes de vie. 

 

*Banzo est, historiquement, une psychopathologie souvent présente chez les Africains réduits en esclavage et leurs descendants au Brésil du XVIIe au XIXe siècle. Le concept du banzo a également été associé à la mélancolie et à la nostalgie, et les Brésiliens parlent encore aujourd’hui du banzo comme d’un sentiment nostalgique (saudade). Reconnus de nos jours comme une dépression profonde, les symptômes fréquents du banzo étaient un état de mutisme accompagné d’inaction : les gens ne pouvaient pas parler, ne pouvaient pas agir, ne pouvaient pas manger, ne pouvaient travailler. La représentation physique la plus répandue du banzo était un effacement lent et forcé qui entraînait souvent la mort.

 

Depuis 2012, je tente de discuter plus en profondeur du banzo comme d’une conséquence de la violence de l’esclavage des peuples Africains et Autochtones. À mon sens, le banzo n’est pas une expression de la mélancolie tropicale associée au mal du pays (saudade da terra), mais une psychopathologie directement liée aux premières formes de capitalisme racial qui continuent à se manifester et à avoir des effets dommageables à notre époque. La question se pose alors : comment comprendre le banzo aujourd’hui ? Mes réponses ont donc été d’explorer le trauma-banzo comme une affection qui vibre dans les corps et le corps éthérique de la terre. Si tout ce qui vibre produit des sons, je me demande comment le banzo pourrait résonner. Par conséquent, mes pratiques artistiques et somatiques ont cherché à créer des sons du banzo pour les faire entendre et produire des alternatives par un changement dans leur schéma vibratoire, faisant appel au pouvoir de ces corps et de la terre.

 

BIO

BIOS

Mariana Marcassa est brésilienne et vit et travaille actuellement à Tiohtià:ke / Mooniyaang / Montréal où elle a développé une nouvelle approche théorique et pratique des explorations sonores et vocales ainsi que des techniques d’écoute expérimentales. C’est par la voix et le son — en tant que performance, proposition esthétique et intervention clinique — que Mariana interroge la manière dont un engagement avec le son comme vibration et voix sans langage pourrait faciliter de nouveaux modes d’expérience et de nouvelles techniques pour vivre. Elle termine actuellement son postdoctorat à l’Université Concordia, où elle travaille avec le SenseLab, Acts of Listening Lab, Angélique Willkie et LePARC.

 

 

Philippe Battikha (Conception sonore) est titulaire d’un baccalauréat en Études des Musiques Intégratives et d’une maîtrise en Studio Arts (concentration Intermedia) de l’Université Concordia. Il a bénéficié de nombreuses bourses et distinctions, dont le programme d’accompagnement et de mentorat du MAI (Montréal, arts interculturels). Il est co-fondateur de l’étiquette de disque Samizdat Records (SZR), basée à Montréal et à Brooklyn. De 2008 à 2012, il a été membre fondateur du projet d’artistes L’Envers à Montréal.

 

 

Cadu Mello est un artiste-chercheur qui explore des modes alternatifs de vie possibles au sein des structures néolibérales qui institutionnalisent les processus de création et excluent les modes de vie mineurs. Il développe ses pratiques dans les interstices de l’art et de la guérison esthétique, inspiré par les artistes brésiliens Lygia Clark et Hélio Oiticica dans la création de modes d’expression et de langages mineurs. Ses études se spécialisent sur la corporalité et la subjectivité d’un sujet depuis 2010. Il est actuellement en train de faire de la recherche créative et un doctorat en sciences humaines à l’Université Concordia, abordant des thèmes tels que les pratiques para-institutionnelles, la politique, la santé mentale et la neurodiversité à travers des modes de connexion et de pédagogie radicale.

 

 

Maria Fernanda Novo est PhD en philosophie à l’Unicamp, au Brésil. Elle a realisé un periode de recherche à l'Université Paris-X en France et a présenté une partie de sa recherche à Dakar, au Sénégal. Elle est enseignante de philosophie à l'Unesp notamment dans le course de philosophie de la science et philosophie de l’education. Est aussi enseignante de philosophie pour les enfants. Collabore avec la danseuse et chorégraphe Ana Pi et avec la performer Mariana Marcassa.

 

 

Vovô Saramanda, charismatique percussionniste de Bahia, est arrivé à Montréal en 1980 et a été un des premiers soldats du Festival International de Jazz et a fait partie du spectacle « O » du Cirque du Soleil. Il a aussi accompagné de nombreux artistes comme Carlinhos Brown, Kent Nagano, Margareth Menezes, Celso Fonseca, Mart N’Nalia, Monica Freire, Paolo Ramos, Luck Mervil, Harold Faustin, et bien d’autres, et de la relève, dont Rômmel Ribeiro, consacré Révélation de l’année Radio-Canada 2012, pour son album Ecologico-recycle.

 

 

La pratique de Mitch Van Dusen s’articule autour de l’improvisation, d’abord au piano, mais aussi au seprewa, une harpe ghanéenne rare et bourdonnante, jouée par une poignée de musiciens à travers le monde. Ses expériences musicales sont diversifiées, allant de la destruction de pianos avec des massues à chanter la voix de baryton dans une chorale de 300 personnes au Carnegie Hall. 

 

MVD reconnaît l’improvisation comme une pratique de toute une vie, tant sur le plan musical qu’expérimental. Il a créé une série d’ateliers, Is It Just a Plastic Bag?, pour amener musiciens et non-musiciens à improviser sans effort avec des objets ordinaires non menaçants.

 

 

MVD est un membre actif du conseil d’administration de Creative Music Studio, fondé en 1971 par Karl Berger, Ingrid Sertso et Ornette Coleman. Il collabore actuellement avec le directeur général Billy Martin (de Medeski Martin et Wood) sur une façon de révolutionner l’enseignement de la musique créative et improvisée.