Portraiture en gestuelles
Luther Konadu
commissaire : Nasrin Himada
04/11 - 18/12

ÉVÉNEMENTS

Conférence :

BLACK PORTRAITURE[S] Absent/ed Presence - colloque en ligne du 14 au 16 octobre 2021

 

Samedi 16 octobre, 18 h EDT  

Gestures on Portrayal

Luther Konadu en conversation avec Nasrin Himada

 

En prévision de l'exposition solo de Konadu à la galerie SBC à Montréal, cet événement met en lumière l'ensemble de l'œuvre de l'artiste et les thèmes explorés à travers sa pratique basée sur la lentille photographique.

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BIOGRAPHIE DE L'ARTISTE

Luther Konadu est artiste, écrivain et le rédacteur en chef de la publication en ligne Public Parking. Ses propres écrits ont été publiés dans Canadian Art, Backflash et Border Crossings. Il a été le correspondant d’Akimbo pour Winnipeg et l’écrivain en résidence de la Gallery 44 à Toronto. Le magazine New Yorker lui a commandé un portrait du musicien Roberto Carlos Lange, qui se produit sous le nom de Helado Negro. Il a remporté de nombreux prix et récompenses, notamment le 1st Art ! de BMO, le New Generation Photography Award, le Salt Spring National Art Prize, et a été l’un des lauréats du Sobey Art Award en 2020. Son travail photographique a également été présenté dans de nombreux magazines, dont Aperture. Le travail de Konadu a été exposé à l’échelle nationale et internationale, plus récemment dans le cadre d’une exposition solo à la Dunlop Gallery de Regina et d’une exposition collective au Foam Museum d’Amsterdam. Il a également participé à CONTACT à Toronto, où son travail photographique a été présenté sous forme de fresques dans le Harbourfront Centre. Luther vit à Winnipeg sur le territoire du Traité 1.

BIOGRAPHIE DE LU* COMMISSAIRE

Nasrin Himada est autaire et commissaire d'origine palestinienne actuellement basée à Kingston, en Ontario, sur le territoire des Anishinaabe et des Haudenosaunee. Ses écrits sur l’art contemporain ont été publiés dans de nombreuses publications nationales d’art contemporain, notamment Canadian Art, C Magazine, MICE et Fuse. Nasrin a collaboré avec des festivals de films et des institutions artistiques au Canada et aux États-Unis, dont le CCA Wattis Institute for Contemporary Art, San Francisco ; Trinity Square Video, Toronto ; la Fondation PHI pour l’art contemporain, Montréal ; et la Leonard & Bina Ellen Art Gallery, Montréal. Le récent projet de Nasrin, For Many Returns, illustre bien les intérêts actuels des commissaires. Cette série est conçue comme un moyen d’explorer les possibilités de l’écriture artistique en tant qu’acte relationnel. Depuis ses débuts chez Dazibao à Montréal, elle a fait l’objet d’une tournée au Canada, aux États-Unis et en Europe. De 2019 à 2021, Nasrin a occupé le poste de commissaire au Plug In Institute of Contemporary Art, à Winnipeg, sur le territoire de Treaty One. Actuellement, iel occupe le poste de commissaire associé-e au Agnes Etherington Art Centre, à Kingston.

*afin de contrer des dynamiques de binarisme nous utilisons un langage neutre

À PROPOS DE L'EXPOSITION

Ici

 

Nasrin Himada

En entrant dans l’installation de Luther Konadu, je pense immédiatement à une entrée dans un espace créé ou offert ; on a le sentiment que l’espace dans lequel l’image existe est aussi l’espace de sa création. Dans l’espace de l’installation, nous sommes invités à regarder - un acte souvent considéré comme acquis en tant que public. Pourtant, ici, l’invitation à regarder la composition, le cadrage et la construction de l’image nous semble beaucoup plus directe. Le spectateur fait partie du processus par l’acte simultané de la capture d’image et de la construction. Quels sont les paramètres de cette invitation ? Qu’est-ce qui est remis en question dans cet espace en ce qui concerne la relation entre construction et représentation, entre perception et position ? 

 

Dans la pratique photographique de Konadu, la position du spectateur est aussi complexe que l’image elle-même. Les installations de l’artiste présentent une sorte d’atelier où les images se font, se défont et se refont, se contextualisent et se re-contextualisent, se forment et sont en formation au fur et à mesure que le «regard» se pose.

 

Par la répétition, la superposition, le découpage, le collage et le changement de position, Konadu envisage les possibilités inhérentes à la fois à la perspective du spectateur et au sujet regardé. Dans ses installations, on remarque immédiatement la structure de l’espace : il ne s’agit pas simplement de photographies encadrées et accrochées aux murs. Les images sont indiscernables de l’espace qui les contient et de l’espace qui conditionne leur existence. Autant l’image que l’espace forment une dynamique qui met en évidence une communauté, un collectif. Nous ne regardons pas en tant qu’individu, mais en tant que partie d’un ensemble. Ce changement de rapport de force reconfigure le décor et le cadre, et engage notre rencontre avec l’image à partir d’un point d’activation et de réorientation. Nous ne sommes pas les seuls à regarder. Nous sommes complices, mais nous sommes également en maîtrise. Nous sommes dans un autre lieu, un lieu dont l’intention est de se débarrasser de l’image en tant que support de la représentation. Ou plutôt, l’image, son dispositif et les individus représentés font tous partie d’un ensemble orchestrant un rassemblement. 

 

La pratique de Konadu comporte une composante architecturale qui met l’accent sur le pouvoir de la construction et de la conception. Il utilise des panneaux de bois, des tables et d’autres dispositifs pour rompre la barrière entre ce qui pourrait être à l’intérieur ou à l’extérieur d’une image. Le cadre n’est donc pas épuisé mais multiplié. Certaines photographies sont encadrées, mais peuvent être suspendues à une basse hauteur ou en angle. D’autres photographies sont entièrement dépourvues de cadre mais restent contenues ou maintenues ensemble par du ruban adhésif. Certaines se plient, coulent sur le sol ou se superposent pour créer une sensation de profondeur dans l’espace. La manipulation du cadrage et de la dimension crée un effet spatial qui amène le corps du spectateur à orchestrer un mouvement différemment, non pas un mouvement dépendant d’une vision passive, mais un mouvement nécessaire à l’immersion et au regard actif. 

 

Par le biais du processus, de la structure, de l’appareil et de la matérialité de la photographie, Konadu révèle une réalité complexe se construisant dans le processus de sa capture. La capture de l’instant par le biais de diptyques, de polyptyques, de textes et de re-photographies engage simultanément le spectateur et l’individu ou les individus représentés, créant une association liant le spectateur au processus plutôt qu’aux individus dans les images.  En relation, plutôt qu’en opposition, une intimité se développe entre la ou les figures représentées et le spectateur. 

 

Konadu présente une critique de l’association historique de la photographie avec le documentaire social, en décomposant ses qualités probantes apparemment intouchables. La photographie, en tant que document, archive et encadre un récit historique dans lequel une scène, un souvenir ou un événement est mémorisé ; un sujet est «connu», présentant un point de vue tenu depuis une position dominante. La mise en valeur par Konadu du processus, de la construction et de la conception d’une photographie constitue plutôt un imaginaire collectif qui investit dans les rôles de la figure et du spectateur dans la composition d’une image. Le processus de Konadu donne la priorité à l’effort collectif comme impulsion pour créer un espace et le transformer. Comme dans «Here Here», un texte que Konadu inclut parfois dans ses installations, dont le ton incantatoire s’oriente vers le processuel - ce qui peut être tenu en contradiction mais est travaillé afin d’imaginer un autre monde, est inséparable de la forme, et la forme est contextuelle et conceptuelle, exprimant l’avènement d’une autre image. 

Cet essai a été initialement publié dans Camerawork (2021), une publication numérique sur la pratique artistique de Luther Konadu coproduite par Hamilton Artists Inc. et Images Festival. Visitez : theinc.ca/publications 

PARTENAIRES 

La SBC galerie d'art contemporain s'est associé à Agnes Etherington Art Center pour présenter une discussion entre Luther Konadu et Nasrin Himada dans le cadre des conférences Black Portraitures. un grand merci à elleux et à tous les partenaires!

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